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Dernière mise à jour :
lundi 29 janvier 2018
   
Brèves
Toc Toc Toc 15 version électronique est en ligne...
dimanche 3 février
L’édition électronique de la revue Toc Toc Toc 15 est en ligne, son thème est le rire. Bonne lecture.
Toc Toc Toc 16 est paru
vendredi 25 janvier
Le numero 16 de la revue Toc Toc Toc vient de sortir. Lire la suite.
Toc Toc Toc 15 : Le Rire ... pas si simple ....
lundi 5 novembre
Nous voila en plein dans le numéro 15 de notre revue toc toc toc. Pour le dossier du rire une classifications par ordre chronologique, s’imposé, mais quand nous sommes tombes sur la phrase de NIETZSCHE « citation...je ferait une classif des philosophes par le rire...... Donc avec cette référence en tete nous nous sommes lancés dans le RIRE.Parmi les auteurs qui ont donné mauvaise réputation au rire, et ceux qui sont centré leurs recherche philosophique autour du RIRE... et a partir de là : presque simple, sinon que les penseurs choisit sont parfois en contradiction avec leurs idées déjà très complexes, et chacun voulant être le premier a avoir découvert le contenu du rire, presque tous sous influence des anciens philosophes comme Aristote, doctrines et concepts, se chevauchent, lui-même influencé par Cicéron...il a trois livres : de l’Oratore, de L’ELOQUENCE et la Rhétorique, il existent aussi des citations, des proverbes, des lettres « apocryphes », (Hypocrates à Démocrite selon les uns , des bouts des traités, des pièces de théâtre , Aristophane génial défenseurs de la libre pensée... Un chaos, innombrable dans lequel nous nous sommes débattus, entre Démocrite, philosophe dont le rire était avant l’heure presque thérapeutique, les traités des médecins assez nombreux, Joubert, etc.. Nous qui nous sommes pas ni philosophes, ni des penseurs, et avec pour tout bagage l’enthousiasme et la curiosité, pour le Thème sacré du RIRE, arborant un discours « plus qu’impure », selon Vuarnet.. bref, des « irresponsables » Notre seul secours a été en premier lieu Descartes ,lui scientifique et savant, faisant table rase de tout, analyse, et nous fait sentir et ressentir avec son mécanicisme le sensible dans le rire : l’admiration. Dans « Les passions de l’âme » Hobbes prendra, empreintant aux anciens et a Descartes (qu’il traduira),admiration, haine, mépris, et « gloire soudaine » empreint a Quintilien, se voulant l’unique détenteur de touts les sentiments contenu dans le RIRE, Baudelaire et son RIRE satanique, le critique sévèrement,et soutien que : ses idées sont les idées de Quintilien et de Cicéron. Et puis il y a Bergson les uns aiment les autres le traitent de « barbant méticuleux ». Enfin Rabelais dans son Gargantua...nous fait rire le divin philistin, visionneur,messager pédagogique. Le fil de Nietzsche nous conduit vers les deux versants de cette expression appelé RIRE , les rhétoriques, convaincus de leurs propre sérieux et influencés par Aristote, « le rire est le propre de l’homme », mais quel est le contenu du RIRE, ? jugement sur les faiblesses humaines, mépris, orgueil, vanité ?. Non Il y a d’autres noms qui forcerons et clarifierons le RIRE ...comme plaisir, désir, bonheur...l’autre vie, la vie légère de Spinoza, a Voltaire, Deleuze, Ionesco, Arrabal, Perec, Queneau, etc.
Toc Toc Toc 15 est paru
jeudi 25 octobre
Toc Toc Toc 15 est paru, son thème est le rire. Le sommaire est en ligne.
Toc Toc Toc 15 en cours...
mercredi 10 octobre
Le numéro 15 de la revue Toc Toc Toc va paraitre, son thème Le Rire, un thème difficile mais au combien passionnant. Sortie prévue le 15 Octobre.
Dossier : La Science, la Technologie et l’Art
mercredi 21 mai 2008

SCIENCE - TECHNOLOGIE - ART

Nous ne sommes pas des savants, ni des érudits, vouloir parler de la Science, des Technologie et de l’Art est un défi un peu fou, mais vouloir comprendre, se questionner sur ces thèmes fondamentaux est notre droit et notre devoir, ainsi que l’urgence à trouver des réponses pour appuyer notre démarche, dans tout discours, texte, ou pensée qui viendrait légitimer et corroborer notre enquête .

Nous avons constitué ce dossier en nous posant les questions suivantes :

-  La Science peut-elle être dissociée de la Technique et redevenir purement fondamentale ?

-  Doit-on limiter les Technologies à ce qui nous semble être des avancées profitables à l’être humain et non dictées par un marketing effréné ?. Où mettre les limites ?

-  La Science doit-elle arrêter sa course en avant et redevenir Philosophique ?

-  La Science doit-elle obligatoirement fournir des résultats exploités par la technique ?

-  L’Art peut-il rendre à la Science les moyens de ces changements ?

-  La Science pourra-t-elle nous remettre les clefs de toutes les énigmes de notre origine ? Est ce souhaitable ou effrayant ?

-  L’Homme affranchi de tous les obscurantismes serait-il plus libre ?

-  L’Art et la Science (considérée comme philosophie) dans un accord parfait, pourraient-ils changer l’Avenir de l’homme ?

A la science on attribue rigueur, respect des faits, précision de la pensée, puissance de l’analyse, bref « objectivité ». La Science a fait ces dernières années des découvertes extraordinaires dans les domaines de La Matière, du Vivant et du Cosmos....Matière Noire. Les scientifiques se demandent si : « le trou géant » dans l’univers peut être la preuve de l’Energie Noire. Cette nouvelle vision irait dans le sens de la grande Unification, et encore « Le Grand vide » dépourvu de galaxies et même de Matière Noire...et encore la gravitation quantique, qui n‘a pas encore de forme définitive....selon Michel Cassé.

La Science est en crise et ses principes sont sur la sellette. Laplace, Lavoisier, Cuvier, Lamarck, Fourier ... les mathématiques de la mécanique céleste. Kepler énonce ses deux premières lois en 1609 : Newton avait donc ouvert une nouvelle voie scientifique. Pendant deux siècles (jusqu’à l’avènement de la relativité), un très gros effort scientifique fut investi dans la compréhension et la mesure du mouvement des corps du système solaire, avec une précision toujours croissante. C’est ainsi que s’est créée la Mécanique Céleste, considérée à l’époque, plus, comme une branche des mathématiques que de la physique. De très grands mathématiciens (Gauss par exemple) ont apporté des méthodes mathématiques très complexes et très performantes pour résoudre les équations de Newton.

Selon des chercheurs ce grand bouleversement est une modification naturelle, grâce à des nouveaux systèmes qui émergent de ces ultimes découvertes qui ont mis en lumière, de beaux et radieux concepts.

L’image du scientifique exemplaire d’une figure spirituelle exemplaire de la culture est assez dépassée. La science, dans la post-modernité est beaucoup plus technocratique, beaucoup plus liée à des impératifs politiques, économiques qu’elle ne l’était par le passé. La formation de l’Etat moderne a concentré beaucoup de pouvoir et « cette concentration de la force entre les mains de quelques uns n’a pas seulement réduit l’homme de science à une sujétion économique, elle menace son indépendance intérieure » (dictionnaire Larousse). Ainsi, la science moderne fait-elle son aveu de dépendance intérieure à l’égard du système technocratique qu’elle a engendré.

MICHEL HENRI : « Le développement sans précédent des savoirs scientifiques va de pair avec l’effondrement des autres activités et entraîne la ruine de l’homme. - Culture et barbarie. Produit de l’auto transformation de la vie, la culture est savoir originel, subjectif, de cette vie et diffère du savoir scientifique, objectif, tel que l’a formulé au XVIe siècle Galilée, fondateur de la science moderne : ce second savoir repose sur la mise hors jeu des qualités sensibles du monde et n’en retient que les formes abstraites d’autre part, ne s’occupant que de l’extériorité du monde, il ignore les limites de son champ de recherche. C’est pourtant la vie subjective qui donne originairement forme au monde et qui est la condition interne du savoir scientifique. Mais ce savoir premier s’identifie à ce qu’il fait, opère du dedans et se confond avec son pouvoir, alors que la science a pour fondement l’objectivité et l’universalité. Se mouvant dans la théorie, elle ne peut concevoir la réalité pratique de la culture : la subjectivité étant tout entière besoin, sa praxis satisfait aussi bien besoins élémentaires - biens utiles à la vie, nourriture, habitat, célébration de son destin, érotisme, organisation sociale, travail - que besoins supérieurs, art, éthique, religion. La barbarie réside dans cette méconnaissance »

La barbarie résulte-t-elle de la progression de la technologie ? Le pouvoir de l’individu serait-il donc pour Michel Henri la prouesse de retrouver son essence ? Grave réflexion sur la dénaturation actuelle de notre vie....

Burroughs dans « Les Terres occidentales »

Il revoit l’Esprit du Requin, figurine de bois taillé dans les mers du Sud. Il l’a vue au musée Burlington, à Londres... rusé, énigmatique, antédiluvien, patient, et poussé par une froide, mortelle et implacable avidité : dévorer tout ce que peut emporter et avaler sa grande gueule. On peut échapper à tel ou tel requin, mais non à cette terrible avidité, qui trouvera toujours porteur. Trois cents millions d’années que le requin survit, avec une grande gueule capable de tout déchiqueter et un estomac capable de quasiment tout digérer.

On ne peut imaginer que l’Homo Sapiens survive mille ans de plus sous sa forme actuelle. Des individus aussi effroyablement stupides, aussi mal dégrossis. D’ailleurs, que représentent des années, hors de la mesure et de la perception proprement humaines ? Le temps s’écoule-t-il, quand nul n’est là pour en mesurer l’écoulement ? Evidemment pas, puisque le Temps n’est qu’un des éléments de la perception humaine (...) !

De nombreuses énigmes de notre histoire restent encore à élucider, par exemple, La question de l’apparition de l’homme sur notre planète. La Science possède ce savoir, elle devrait faire le grand nettoyage de théories caduques, comme la théorie de Darwin. Il semble, en effet, que cette théorie nous ait offert l’exemple le plus édifiant qui soit sur les conséquences d’une instrumentalisation de la science. Cette fameuse théorie, qui prétend que les espèces vivantes ont dérivé et se sont formées les unes par rapport aux autres est toujours une théorie défendue et revendiquée par une majorité de scientifiques, et ce, en dépit des multiples découvertes et preuves qui l’ont clairement invalidé. Effectivement, le darwinisme s’est construit autour d’un certain nombre de postulats et de suppositions qui, semble-t-il ont toutes été réfutées. Il est grand temps d’effacer ce lourd et équivoque mythe de l’évolution, il entrave notre créativité et rétrécit l’épanouissement de notre attitude mentale, qui serait alors différente, si notre origine venait d’ailleurs... Existent trois conclusions irréfutables, nous en parlerons à la fin de notre exposé. Lorsque la Science deviendra théorique, métaphysique, prophétique, poétique et philosophique elle aura ainsi aidé à l’intronisation de l’Homme nouveau. La certitude sera exaltante et merveilleuse, nous avons le droit de savoir si notre matière nous vient des étoiles. Le cheminement de la Science pure à la Science appliquée est-il le passage obligatoire que la Science se donne pour consacrer ses découvertes, serait- il une sorte de vérification ? Par le pouvoir que ses connaissances lui confèrent, la science pourrait se hisser au plus haut rang de notre Société, pour guider celle-ci et être l’architecte de tous nos plus beaux rêves, en développant les possibilités d’une harmonie planétaire enfin trouvée.

Bruno Latour « A cause de l’exigence de symétrie et de son abandon de la distinction rassurante entre la force et la raison, cette sociologie de la traduction (ou “théorie de l’acteur-réseau “ comme on l’appelle â l’étranger) a suscité de vives critiques. On a dit qu’elle décrivait mal le monde social. Telle est l’autre raison pour republier ce travail car les critiques n’ont pas vu, â mon avis, qu’il s’agissait d’une forme de métaphysique qui n’acceptait justement pas la distinction entre la nature et la société. Il s’agissait moins de faire une sociologie du social que de se donner une métaphysique assez libre d’allure pour encaisser la variabilité stupéfiante des mondes dans lesquels les acteurs eux mêmes, et pas simplement les scientifiques et les ingénieurs, engageaient l’anthropologue. Comme je ne connaissais pas à l’époque les travaux de Gabriel Tarde, republiés depuis chez le même éditeur, il m’a fallu rétablir moi-même, et avec beaucoup de maladresses, une continuité perdue entre philosophie et sociologie, contre la tradition dominante en sciences sociales obnubilée par le danger de toutes les formes de naturalisme. D’où l’idée de cette sorte de “ bombe binaire “ qui devait permettre de déployer les principes d’une philosophie commune des sciences et des sociétés, â la fois par la présentation d’une méthode et par une application empirique de celle-ci. C’est cette dernière qui m’a fait le plus hésiter. Les lacunes de mon enquête socio sémiotique sur le pastorisme sont si nombreuses qu’il fallait soit tout reprendre, soit tout laisser en état. Je me suis résigné â la seconde solution, me contentant seulement de mettre cette nouvelle édition n’ai pas tout réécrit c’est qu’il ne s’agissait pas d’un véritable travail d’historien, mais plutôt d’un exercice de méthode en sociologie des sciences pour tester les diverses façons dont on peut renouveler la notion de contexte social.

Bruno Latour est Professeur à Sciences Po et Directeur scientifique

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Tiphaine Stepffer
Tiphaine Stepffer

APOLOGIE DES CONFLITS, CRISES, ENTORSES ET CONTRADICTIONS Michel Cassé « Matière Noire / Energie Noire » ( extraits)

Il faut d’abord décliner les grandes tendances de la physique contemporaine, avant de pouvoir conclure à la nécessité de son évolution. Des progrès majeurs ont été accomplis au xxe siècle, en résolvant des contradictions apparentes entre éléments de théories physiques bien établies. La réconciliation de deux théories demande, le plus souvent, l’élaboration d’une troisième qui les englobe, ce qui implique l’émergence de nouveaux concepts, lesquels poussent à des prédictions hardies. Et celles-ci peuvent être confirmées ou infirmées expérimentalement. Quatre percées synthétiques de ce type se sont produites, qui aujourd’hui délimitent des continents entiers de la physique, relativité restreinte, relativité générale, mécanique quantique, et théorie du champ quantique, et la cinquième s’annonce, on peut révéler son nom gravitation quantique, mais elle n’a pas encore de forme définitive. Cosmologie, vertige et démesure ! Le discours prend des dimensions universelles. Le sujet se résorbe, se rétrécit, se retire du monde. Mais jusqu’où peut-on pousser l’objectivité, la dépersonnalisation, la lutte contre tout anthropomorphisme, égocentrisme, géocentrisme ? Après avoir déclaré la guerre au centre (du monde), jusqu’où peut-on la mener sans susciter un autre centre sous la forme d’un principe abstrait autour duquel tout gravite ? Le grand principe d’unification devient alors le pivot de la compréhension du monde. Irréfragable certitude pour certains, qui relève, à tout prendre, d’une vision singulièrement monothéiste. Le UN d’univers n’est plus situé, le un n’est plus le trône, c’est l’esprit du monisme. La doxa théorique du moment, cependant, puise à deux sources, la physique des particules d’obédience quantique, et la cosmologie, toute pétrie de gravitation, et ce dualisme est insupportable. Le monisme réclame un seul dogme, une théorie quantique de la gravitation. Mais celle-ci est extrêmement difficile à bâtir. Pour l’heure, la dualité, l’ambiguïté n’ont pas été expurgées du verbe cosmologique.

Michel Cassé est astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et chercheur associé à l’Institut d’Astrophysique de Paris

Une nouvelle façon d’observer et de comprendre l’univers. Cet ancien professeur du Birkbeck College de l’Université de Londres, David Bohm Physicien et philosophe fut l’un des plus éminents physiciens théoriciens de notre temps et comptait à son actif plusieurs lois, dont la »diffusion Bohm » (plasma) et l’effet « Bohm-Abranov (EDQ) ». Bien qu’il ait travaillé sur la physique quantique et relativiste, s’intéressant de près aux propriétés de la matière "David Bohm offre une nouvelle vision globale du monde qui représente une révision radicale de l’image de l’univers découlant de la science traditionnelle. Bien qu’inspiré à l’origine par les paradoxes de la physique quantique relativiste, son modèle offre de profondes implications concernant un vaste éventail de disciplines scientifiques comprenant la biologie, la recherche sur le cerveau, la psychologie, la psychiatrie, la linguistique, la sociologie, la science politique, l’économie et l’écologie." N’importe quel événement, objet ou entité, observable et descriptible, quel qu’il soit, est abs-trait, d’un flux uni, indéfinissable et inconnu, le holomouvement.(...) l’Univers est un tout infrangible...(...) Beaucoup des principes de la pensée holonomique peuvent être illustrés en utilisant, comme unique outil conceptuel, le stockage et la distribution de l’information dans un hologramme optique. Je considère que l’essence de la notion de ce processus est donnée par la définition suivante : ce n’est pas seulement que tout est en train de changer ; tout est flux, c’est-à-dire ce qui est , c’est-à-dire le processus de devenir lui-même, alors que tous les objets, événements, entités, conditions, structures, etc., sont des formes qui peuvent être abstraites de ce processus. Son oeuvre suscite encore un grand intérêt, tant par les solutions qu’il proposa à propos du statut de la réalité que par les polémiques qu’il souleva dans son non-conformisme à vouloir redéfinir notre façon de penser La plénitude de l’Univers David Bohm (Monaco, éditions Le Rocher, 1987)

La révolution qu’est la génétique n’a d’intérêt que si elle sert l’épanouissement à l’espèce humaine. Ces avancées ne sont possibles que par un effort de plus en plus collectif, il est donc légitime de penser qu’elles ne peuvent être que bénéfiques pour toute la collectivité. Au contraire, la critique du progrès insistera sur la déconnexion évidente entre progrès scientifique et technique et le progrès moral ?

“Amateur de sciences” comme on dit “amateur d’art”, Bruno Latour a rédigé chaque mois pour la revue La Recherche son journal en nous parlant de la science en train de se faire, du travail des disciplines, de la profession de chercheur, mais aussi de politique des sciences, de controverses, de vache folles. D’un ton vif, tantôt allègre et tantôt polémique, ces courtes chroniques sont une initiation commodes et agréables pour ceux qui voudraient goûter à cette nouvelle approche des sciences sociales qui remet en cause l’ennuyeuse distinction entre « littéraire » et « matheux ». Bruno Latour

Bruno Latour explore de nouveaux modèles du rôle de la Science dans notre société. « Ce n’est pas sans hésitation que je republie, seize ans après, ce livre d’histoire et de philosophie des sciences. Nous étions alors en pleine crise des missiles et la guerre froide battait son plein. Quant à l’anthropologie des sciences, elle ne faisait encore que balbutier, apprenant tout juste à se défaire de la notion de “ société T’ pour se tourner à nouveau vers les objets qui ne ressemblaient pourtant guère aux figures traditionnelles de l’objectivité. D’où le titre, “ Les microbes guerre et paix “, qui met à l’honneur les nouveaux agents plutôt que le nom de Louis Pasteur qui les a découverts. Un simple détail fera mieux saisir le passage du temps les ordinateurs personnels commençant tout juste à envahir la vie universitaire, ce livre fut l’un des premiers en France à passer directement par modém de l’olivetti ET 351 à l’imprimeur (ce qui explique les nombreux défauts de l’édition originale. Une chose pourtant n’a pas changé l’expression « guerre des sciences ». Je l’employais alors sur le modèle des “ guerres de religion “ pour désigner la transformation rapide d’une source de paix en une occasion de scandale dont la guerre atomique, toujours menaçante, offrait à l’époque le plus terrifiant exemple. Le mot s’est aujourd’hui banalisé au point de désigner toutes les incertitudes concernant le rôle et la place des sciences dans la culture et dans la démocratie. Le moins qu’on puisse dire est que l’on ne s’est pas éloigné, en quelque vingt ans, des imbroglios de sciences et de politiques, mais que l’histoire les a, au contraire, multipliés à foison. On peut même affirmer que la fin du modernisme n’a fait qu’aviver l’importance de toutes les questions abordées dans ce livre qui paraissaient à l’époque si incongrues. Nous étions encore un peu modernes. Nous ne le sommes décidément plus du tout » Bruno Latour, penseur, nous fait part de son idée, mieux encore d’une méthode pour recomposer le monde de la Sciences-sociales, en s’appuyant sur la philosophie.....

Nous allons essayer d‘interpénétrer des domaines jusqu’alors cloisonnés : L’art et La Science et expliquer en quoi chacun dépend de l’autre, en quoi les innovations de l’un permettent les avancées de l’autre. Sujet complexe que nous construirons en avançant en aveugles et jetant main basse sur tous les discours qui nous paraîtrons nécessaires.

Les similitudes entre la science et les arts sont nombreuses. L’un et l’autre expriment la pensée par la technique. En science comme dans les arts chacun recherche des similitudes avec la réalité. Elles peuvent cacher des sujets entièrement différents qui, analysés en détail aboutiront tantôt à une découverte fondamentale, tantôt à un chef-d’œuvre..

La réalité de la science ou des arts est une question de nuances infinies. Chacun émet sa théorie à propos de ce qu’il considère comme étant la réalité. Ainsi il existe une manière de voir le monde qui nous entoure. Tout devient illusion les théories scientifiques comme les oeuvres d’art sont des abstractions dont chacun doit connaître les limites. Nous analysons en fait ses nuances infinies.

Ainsi l’écrit le physicien Léo Szilard “le scientifique créatif a beaucoup en commun avec l’artiste et le poète. Il doit faire preuve de pensée logique et de capacité d’analyse, mais s’est loin d’être suffisant pour faire un travail créatif. Les idées nouvelles qui ont conduit à de grandes percées n’ont pas été déduites logiquement des connaissances préexistantes les processus créatifs, sur lesquels repose le progrès scientifique, opèrent à un niveau inconscient”. Michel Henri En effet il devient de plus en plus incalculable tant par excès de données que par limites propres au calcul. Les approximations des réels transcendantaux, tel le nombre pi, sont en effet inévitables puisqu’ils semblent avoir après la virgule un nombre infini de chiffre ne présentant aucune constante dans leur apparition. L’ordinateur le plus approprié pour calculer l’avenir de l’univers semble l’univers lui-même et donc en tant qu’individu doté d’une conscience capable d’abstractions mentales son évolution précise nous échappe même si nous en avons des approximations et si notre participation est inévitable. Cependant sur ce dernier point plus éthique et politique, les impondérables se multiplient car les êtres humains cohabitent à différents stades d’évolution spirituelle c’est-à-dire d’engagements divers dans l’action libératrice et créatrice. Les représentations mentales divergentes et les actions contraires sèment la confusion. Nous n’avons pas de garantie que personne ne prenne le risque d’une catastrophe écologique

Pour le philosophe Michel Henri cette perte viendrait des actions humaines qui n’obéissent plus aux savoirs ni aux prescriptions de la vie : « Les opérations que la science inspire à la technique reposent exclusivement sur l’auto développement d’un savoir théorique livré à lui-même qui ne sait rien des intérêts supérieurs de l’homme. Pourtant l’essence de la technique est originairement savoir-faire individuel. La mise en oeuvre de nos pouvoirs subjectifs est la forme première de la culture. Mais quand ce déploiement de la praxis dépend d’une abstraction, il y a bouleversement ontologique, l’action cesse d’obéir aux prescriptions de la vie. Coupée de sa racine humaine, elle n’existe plus que sur un mode purement matériel. » Michel Henri , « La Barbarie », Grasset 1987 ; dernière rééd. P.U.F.

Mais comment stopper l’avancée technique et le soi-disant progrès ? L’homme est devenu le maître de l’évolution du vivant, il peut modifier son propre génome. Cependant, en ce domaine, n’est-il qu’un apprenti sorcier ? En effet, il ne saisit pas les conséquences écologiques et éthiques de telles modifications. Ce qui paraît à première vue un progrès incontestable s’avère la révélation de nos limites. Il est donc légitime de se demander « Le progrès technique a-t-il des limites ? ».

Voici les dernières découvertes de la Science Appliquée. Le prix Nobel 2007 de Physique a été décerné à Albert Fret et a l’allemand Peter Grumberg, qui viennent de découvrir la Magnétorésistance Géante, et prévoient pour la Spintronique une nouvelle électronique/ l’utilisation d’espèces moléculaires /et peut être l’ordinateur quantique. L’avalanche technologique a fini par tout envahir ; notre espace privé, machines, robots, dans nos appareils du quotidien ....flagrante utilisation de gadgets inutiles, absurdes, stupides, insipides et disgracieux dont la nécessité, et logique a été bannie, l’usage journalier de ces artefacts ruinent notre imaginaire, notre santé... Oui la machine a brutalement remplacé l’homme.

Guy Tournaye a des solutions et des réflexions qui nous atteignent sur ce sujet « Comment permettre à chacun de gérer au mieux son temps de travail et ses périodes d’inactivité ? Le chômage n’est pas seulement un enjeu économique, c’est d’abord une construction politique. Au-delà des débats techniques et idéologiques sur les moyens de résoudre le problème du chômage, il faudrait en premier lieu s’interroger sur les présupposés moraux et philosophiques qui fondent une telle construction. Pourquoi le chômage est-il communément perçu comme un drame, une déchéance, alors que l’inactivité d’un retraité est présentée comme un droit absolu, synonyme de délivrance ? Pourquoi l’emploi stable, continu et à temps plein est-il considéré comme la nonne idéale, alors qu’il n’y a pas si longtemps, sous 1 ; troisième république, le principal parti de gouvernement prônait « l’abolition du salariat, survivance de l’esclavage » ? Pourquoi l’intermittence volontaire, revendiquée par les « Sublimes » à la fin du XIX ème siècle, est-elle aujourd’hui unanimement réprouvée ? Autant de questions qui impliquent de reconsidérer notre système de représentation du travail dans la société et que j’ai essayé de traiter, sur le mode de la fable, dans « Radiation ».

Oui nous n’avions pas compris ni prévu la démesure grandissante de la technique s’appropriant tous ses savoirs pour mettre en oeuvre et en pratique, la commercialisation de tous ses appareillages sophistiqués nous donnant un unique droit en qualité D’Homo consommateur »

Ne nous manque-t-il pas encore la véritable maîtrise du progrès ? La conscience abstraite en l’écologie et ses développements a trouvé un début de palliatif. Nous pensons désormais aux conséquences environnementales qu’ont nos inventions. Mais il s’avère que l’écosystème, même si on parvenait à faire l’inventaire de ce qui le compose, est à partir d’une certaine échelle de plus en plus imprévisible.

Nous voyons bien que notre aspiration technologique est d’effacer toute médiation dans notre action de transformation de l’extérieur. Au lieu de taper sur un clavier, nous voudrions que les mots de notre pensée s’impriment directement sur l’écran comme nos intuitions se mettent en pensées puis en mots. En l’état, la technologie a toujours besoin de médiation, de circuits de transmission d’ordres dont le fonctionnement ne dépend pas de nous directement que ce soit en terme énergétique ou en terme de maintenance. La technologie est le fruit de la représentations et donc de cette intelligence généralisatrice à partir du passé et du présent, elle néglige donc de nombreux niveaux d’interaction qui pourtant provoqueront l’usure, la panne, une réaction environnementale inattendue. La représentation dans ses contenus généralisateurs inspirés de l’observation de ce qui se reproduit dans la nature nie obligatoirement la nouveauté où elle se renouvelle pourtant. Elle oblitère l’intuition qui la refonde et qui est certainement plus proche de l’essence de la nouveauté. Elle fige donc toute prise de conscience de l’impulsion créatrice qui l’inspire comme une oeuvre d’art fige l’instant créateur dans des formes données, le style donné d’une époque, d’un artiste. L’intuition fait entrevoir une action de transformation de ce qui nous entoure sans aucune médiation. Quelles sont ces intuitions, existent-elles encore ? Subsistent-elles encore, ces premières intuitions appartenant aux premiers Hommes dont leur unique langage pour s’exprimer était le dessin et la peinture ? Ces créations individuelles qui naissaient du quotidien, qu’ils inscrivaient sur les parois de leur habitat. Ces belles images, si fines et sensibles croyons-nous encore de nos jours qu’elles furent réalisées par des êtres aux mains mal dégrossies, aux membres où la verticalité était à peine assurée ? Oserions-nous contredire la théorie de Darwin ?

Lorsqu’un certain génie de la Renaissance, Leonardo, dessinait (avec la plus grande maîtrise) sur les taches d’humidité des murs de sa chambre, des images faisant naître des formes et des volumes complexes, n’y voyons-nous pas une similitude flagrante entre le geste créateur de Da Vinci et la perception du sensible des dessinateurs de la grotte de Chauvet d’il y a 33.000 ans ?

Qui étaient ces artistes ? De qui tenaient-ils leur art ? Pourquoi peignaient-ils ces fresques ? Pour qui ces gravures étaient-elles destinées ? Comment des hommes dits « primitifs » ont-ils pu peindre un cheval harnaché ? Comment des hommes ont-ils pu représenter un dinosaure ?

Vous ne verrez pas dans les livres officiels certaines gravures que l’on pourrait ranger dans la catégorie de celles qui dérangent. Cela évite sans doute de se poser des questions embarrassantes. Pourtant on ne peut nier que ces gravures existent, il faudra bien qu’un jour, un paléontologue ait le courage d’affronter la communauté frileuse des scientifiques.

Toutes nos certitudes ont été balayées avec les découvertes successives des peintures d’Arcy sur Cure en 1990, de la grotte Cosquer en 1991 et de la grotte Chauvet en 1994. Datée au carbone 14, la grotte Cosquer remonte â - 28 000 ans. Les peintures racontent les grandes chasses des âges glaciaires. On y voit des petits chevaux, des pingouins, des méduses ainsi que d’étranges empreintes de mains décalquées à l’ocre rouge. En 1995, nouveau coup de théâtre dans le petit monde des préhistoriens. La grotte Chauvet, découverte un an plus tôt, est datée de - 33 000 ans. Ce qui est important dans toutes ces découvertes c’est que les paléontologues ont toujours affirmé que l’art préhistorique s’était amélioré au fil du temps. Pour l’espèce humaine, il est logique de penser en terme « d’évolution ».

On part toujours du plus « primitif » pour aller vers le plus « évolué ».Malheureusement, cette théorie est totalement balayée par ces découvertes.

Face aux superbes fresques, il est évident que les artistes étaient au firmament de leur art et non à ses balbutiements. La vieille théorie qui prétendait que des millénaires avaient été nécessaires à la gestation de l’art est donc devenue périmée. Les chercheurs ont bien du admettre que ces peintures étaient parmi les plus élaborées.

A travers son bestiaire de près de 350 animaux parfaitement reproduits, on constate une parfaite maîtrise artistique.

Quand on sait que la grotte Chauvet est de peu postérieure â l’arrivée de l’homme de Cro-Magnon et qu’elle aurait été décorée à une époque ou Cro-Magnon et Néandertaliens coexistaient, on ne peut que s’interroger.

De qui ces hommes tenaient-ils leur art ? Pourquoi les peintures de grottes plus récentes montrent-elles une moins bonne maîtrise des techniques de dessin ?

Le mystère de la grolle de Bernifal

La grolle de Bernifal, située en Dordogne ( France ), est mondialement renommée pour ses 110 gravures et peintures rupestres, notamment un magnifique mammouth tracé à l’argile.

Mais on décrit moins un dessin qui semble montrer un dinosaure affrontant un mammouth.

Et toute aussi étrange, la gravure de ce cheval qui semble véritablement harnaché alors que l’on sait que la domestication de cet animal ne se fera que très longtemps après la disparition de ces artistes (Berceaux de L’humanité Editions Larousse)

Mathématicien et astronome à l’University College, au Pays de Galles, Chandra Wickramasinghe va plus loin : “La probabilité que la vie ait pu se former à partir de matière inanimée correspond à un chiffre avec 40 000 zéros après...Un chiffre assez grand pour enterrer Darwin et la totalité de la théorie de l’évolution. ..Si les débuts de la vie n’était pas dus au hasard, ils sont donc certainement le produit voulu d’une intelligence.

Haroun Yahya a fait des recherches très approfondies dans son livre « Le mensonge de l’évolution ». En voici les trois conclusions : La première d’entre elles est la sélection naturelle. Pour Darwin, il s’agit d’un processus qui détermine l’évolution des êtres vivants en sélectionnant parmi eux les plus forts et les plus aptes à survivre. Ce principe est faux. De récentes découvertes géologiques ont permis de démontrer que la cause à l’origine de l’extinction des dinosaures fut la chute d’une météorite qui produisit un réchauffement important de l’atmosphère, ce qui provoqua leur disparition. Les dinosaures furent anéantis et les petits mammifères survécurent. Un camouflet cinglant à la loi du plus fort prévue par la sélection naturelle, qui ne prévoit pas les variations climatiques. Par ailleurs, la sélection naturelle ne peut théoriquement produire aucune évolution puisqu’elle n’ajoute aucune information génétique à une espèce. Enfin, prétendre qu’il existe un processus de sélection naturelle à l’œuvre dans le monde organique revient à affirmer l’existence d’un principe conscient de sélection volontaire. Autrement, une telle allégation n’a absolument aucune valeur scientifique.

Le second principe est celui de la mutation qui est censé expliquer les variations génétiques entre espèces. La mutation, contrairement aux affirmations des évolutionnistes, est nuisible, minime et indéterminée. Elle n’apporte aucun effet positif car une mutation est un bouleversement de l’ADN dont la structure est complexe et organisée. Pour reprendre la métaphore d’un savant, la mutation, à l’image d’un tremblement de terre, n’améliore pas une ville mais la détruit. On en a un funeste exemple avec l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima qui n’a engendré que des mutations désastreuses sur les populations japonaises.

Un constat encore renforcé par les nombreuses expériences effectuées sur des mouches qui n’ont abouti a aucun résultat satisfaisant, alors même qu’elles étaient réalisées dans les conditions techniques et scientifiques les plus optimales. Dernière chose une mutation, quelle qu’elle soit, ne se transmet pas aux générations suivantes sauf si elle est opérée dans les cellules reproductives de l’organisme...

Les formes transitionnelles sont des spécimens vivants qui doivent posséder des caractéristiques appartenant à deux espèces différentes. Selon Darwin, le processus évolutif se déroulant sur des millions d’années, les caractéristiques des espèces tel que le fait de voler pour les oiseaux ou de respirer sous l’eau pour les poissons, ont été acquises par ces espèces progressivement et sur une longue échelle historique. Les formes transitionnelles sont ces espèces intermédiaires et selon les estimations des naturalistes, elles se chiffreraient en millions. Pourtant, un problème subsiste. Elles n’existent pas. Aucune d’elle n’a été trouvé....

Au niveau cellulaire, le procédé de l’abiogénèse, selon lequel la vie vient d’une cellule morte, est impossible. La vie cellulaire ne peut provenir que de cellules vivantes. La possibilité de produire une cellule vivante par hasard est nulle car la cellule est un organisme d’une complexité inouïe. Plus on étudie son fonctionnement, plus l’on se rend compte de la complexité de son élaboration et des calculs astronomiques que suppose son existence. Pire encore, l’opinion de ceux qui attribuent la vie au hasard implique l’existence d’un mécanisme conscient qui expérimenterait, par des essais physiques et atomiques, les différentes combinaisons nécessaires pour atteindre l’objectif suprême, créer la vie.

Dernier élément : l’existence de l’ADN est un coup fatal à toute notion de hasard comme origine de la vie. L’ensemble des informations concernant les traits et les caractéristiques physiques d’un vivant, sous la forme d’un code, ce que l’on appelle l’ADN, est un démenti formel à une telle hypothèse et la preuve éclatante d’une intervention intelligente dans le processus vital.(...)

Nous clôturons ici notre dossier avec l’espoir que nous donne Michel Cassé. Au beau milieu de ce tohu-bohu, l’étoile s’entête à briller, à instaurer un ordre intérieur, un feu, un travail, une oeuvre. Elle brille parce qu’elle transmute les éléments. En son cœur, la matière simple se transforme en lumière et matière plus complexe, dans un élan inverse de celui du big-bang, où la lumière s’est métamorphosée en matière (et en antimatière). Les flux et reflux permanents de la lumière et de la matière, les brisures de symétries, les transitions de phases, bref l’évolution manifeste de l’univers ne peut cependant occulter qu’il y a de l’éternité latente dans l’univers et dans la science : les calmes et solennelles lois. Les lois du changement ne changent pas (..)

Toutes les références de ce dossier sont puisées dans les ouvrages « Matière noire, Energie noire » de Michel Cassé, édition Jacob, « Le mensonge de l’évolution » de Haroun Yahya, « La Barbarie » de Michel Henri,.« Les microbes guerre et paix » de Bruno Latour et « Radiation » de Guy Tournaye