Christian Debout /Parcours d’un plasticien contemporain
mardi 5 janvier 2016
par Administrateur- tiphaine

LES OLIVIERS

Extraits du texte d’Eric Reinhardt paru sur le catalogue (...) Tout son travail porte cette empreinte. Qu’il s’agisse des forces élémentaires de la nature ,qu’il s’agisse de la sensualité toute particulière de la Provence ,des ses lumières, du plaisir hédoniste qu’on peut éprouvé à saisir ses parfums, à voir la nuit tomber, à contempler le Ciel étoilé, ses toiles sont habitées par cela même qui habite ce temple qu’est pour lui, depuis l’âge de seize ans, ce ouillage construit sur les contreforts rocheux du Luberon.

On trouve dans son travail ces deux approches d’une même réalité, violente ou sensuelle, mystique ou élégiaque - religieuse et métaphysique dans les deux cas. Il faut avoir vécu avec quelques-unes de ses toiles, Il faut les avoir vues, depuis son lit, à peine réveillé, dans la pénombre de l’aube, Il faut les avoir vues inondées par une violente lumière d’août, Il faut les avoir vues quand Il pleut, pour savoir que les couleurs vibrent, pour savoir que ces toiles sont vivantes intensités , qu’elles réagissent à la lumière et à ses différentes intensités.

Le spectacle de la nature, ses vibrations colorées, les rougeoiements du Luberon au coucher du soleil, les reflets accrochés aux feuilles des arbres, et puis les nuits d’orage, ces moments où, comme des Dieux offensés, le Luberon rentre en furie et menace de destruction les habitants du village, c’est cela même que Christian Debout a toujours su capter dans ses tableaux, depuis les abstraites Images byzantines jusqu’à ses récents Oliviers Mais le travail de Christian Debout ne cesse d’évoluer. Après son récent passage de l’abstrait au figuratif, qui traduit peut-être le désir d’un hommage plus direct, Olivier complice, sa nouvelle exposition, nous permet de constater que son travail s’est enrichi de deux nouvelles composantes : l’Onirisme et l’humour (.....)

Et c’est alors qu’apparaît dans son travail, implicite, la figure de l’homme qui voit des oliviers partout, figure du nostalgique dément qui cède peu à peu aux assauts récurrents de sa souffrance au point d’être la victime de visions, d’Images mentales de plus en plus folles, symptômes d’une nostalgie inguérissable. Je parle, bien entendu des détournements, photographies ou autres de maîtres sur lesquels Il multiplie des oliviers, à la gouache ou au tampon encreur.

Oliviers en plein New York, oliviers au milieu des rues, oliviers dans des forêts ou des déserts, oliviers à La Défense, oliviers au milieu des vaches, le personnage de fiction qu’a inventé Christian Debout délirant, heureux, maladif, voit effectivement des oliviers partout, fabrique des Images mentales et des tableaux oniriques, comme s’il était sous l’emprise d’une drogue.

Ces détournements témoignent d’une incursion du travail de Christian Debout dans la fiction, car ces Images sont aussi littéraires que picturales, elles sont les sécrétions d’un état de conscience et nous permettent d’accéder, inquiets, subjugués, aux productions d’un cerveau déréglé, celui d’un personnage qui serait son double fictionnel.

Mais cette nostalgie, c’est salutaire, Christian Debout sait aussi s’en moquer. C’est ainsi qU’il nous propose, en clôture de l’exposition, sur le mode de l’humour, un détournement des boutiques de souvenirs. Il Y fait commerce de sa nostalgie, de ses obsessions, de son attachement viscéral pour la Provence et pour les oliviers en commercialisant des produits dérivés qU’il a conçus, détournements aussi drôles que déments des souvenirs qu’on propose habituellement aux touristes dans ce genre d’endroits.

Christian Debout est mon oncle ,je connais sa peinture depuis toujours, je l’appréhende de l’intérieur, depuis mon enfance, depuis cette maison-ventre où J’al posé pour lui, une nuit d’hiver, sous les toits, alors que la tempête faisait gronder la nuit. Cette éprouvante et fascinante séance est un souvenir fondateur. Je devais avoir six ans. Ce mystérieux prince des ténèbres devait en avoir dix-neuf.

Eric Remhardt

OLIVIER au CREPUSCULE

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OLIVIER ROUGEATRE

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METAMORPHOSE de L’OLIVIER

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