Editions Tiphaine
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mardi 11 décembre 2018
   
Brèves
GALERIE PASCAL LAINE EXPOSITION "LES 25 ANS de la GALERIE"
mardi 26 mars

25 ans d’art contemporain Les 5 et 6 avril de 18h à 20h : Coup d’envoi des festivités entourant les 25 années d’activités culturelles

A propos de l’exposition Pierre Alechinsky à Ménerbes : Après le succès de son exposition en 2010 au Musée Granet, Aix-en-Provence, Pierre Alechinsky sera cet été à Ménerbes : Galerie Pascal Lainé. L’exposition mettra l’accent sur un ensemble d’eaux-fortes, de lithographies - dont certaines mesurent 120 x 160 cm - et des « livres d’artiste ». Un choix, parmi une soixantaine d’ouvrages de bibliophilie parus chez Fata Morgana depuis 1968, qui permettra d’apprécier différents aspects d’un artiste tout à la fois peintre, dessinateur, illustrateur, et écrivain.

3, rue Sainte Barbe 84560 Ménerbes FRANCE plan d’accès ouvert du mardi au dimanche 10h30-12h30 et 15h30-19h30 fixe +33 (0)4 90 72 48 30 port +33 (0)6 61 89 74 12 e-mail gpl.gordes@orange.fr

GALERIE PASCAL LAINE à MENERBES présente : NOEL LA VISTA
samedi 14 avril
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Ce soir 14 AVRIL les Oeuvres récentes de Noël La Vista.

« JE SUIS VENU VOUS DIRE » de PIERRE-HENRY SALFATI
mercredi 28 mars
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Pierre-Henry Salfati, Marianne Anska , le directeur du cinema "Femina" à Cavaillon

« JE SUIS VENU VOUS DIRE »

Du réalisateur Pierre-Henry Salfati, écrit par Marianne Anska, œuvre surprenante, sur Gainsbourg, comme s’ il était là, on peut dire, d’abord il ne s’agit pas d’un documentaire, le film explose dès les premières images, faisant ainsi éclater la narration, les archives, la musique elle même bascule vers une autre direction, déstructurant, la simple chronologique,

Le réalisateur Pierre Henry Salfati orchestre, tous les éléments de son récit, vers une atmosphère du »fantastique » Gainsbourg sort de son au-delà, pour se réincarner sous la peau d’un homme angoissé, plongeant dans de monologues métaphysiques, il nous fera sentir sa fébrilité, ses errances.

Sa musique, ses chansons, sa dégaine, tout est là et pourtant, Salfati ne veut pas de la star, ni du dandy du dérisoire.

Le réalisateur suivant pas à pas les ruminations de Gainsbourg nous le montre a chaque concert, désespéré, sur scène devant un public passionné, l’idole se moque de lui même, la scène prend des allures d’une voix du calvaire... Un crucifié dont, douleur, suer, nous apparaît, perdu, devant la multitude qui applaudit... La structure de « Je suis venu vous dire » se compose et décompose par l’énergie du réalisateur s’imposant aux images, nous révélant le lyrisme des « apparions » soudaines, les analogies, les surprenantes trouvailles techniques, les raccourcis, toute une avalanche des visions sur l’être Gainsbourg et le non être Mr. Hayde... ».. Ne pas se faire bouffer par son non-être.. Dans un niveau plus secret les nostalgies d’une Russie rêvée, d’une mère, belle disparu, son enfance, les « Femmes », délicates créatures qu’il à aimé et qui virevoltent autour de son esprit,... Ainsi les quatre années de travail passées à visionner des images d’archives, de ce qui fut Gainsbourg, par la maîtrise du réalisateur Pierre Henry Salfati, s’envolent, et prennent place, dans la construction de cette œuvre « rigoureuse », étonnamment vivante.

S.T

LA 5EME SYMPHONIE DE GUSTAVE MAHLER par PIERRE -HENRI SALFATI
mardi 24 mai

ARTE un très beau film hier soir

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Marianne Anska,Eric Frey

Le film »La 5e Symphonie de Gustave Mahler est structuré sur la rencontre de Mahler avec Freud. Son réalisateur Pierre -Henri Salfati, mène cette exploration autour de la création, de la 5e Symphonie, moment de l’espace précis ou le musicien Mahler, interprété par Eric Frey dont ressemblance et superbe nous rend l’artiste en plein désarroi...

Gustave Mahler va créer, vivre et subir les sentiments le plus conflictuelles de sa relation amoureuse avec sa femme Alma, Marianne Anska incarne une Alma lumineuse,libre,sa révolte est secrètement consignée dans son journal.... pendant l’ été de 1910.

Alma qui a renoncé en épousant Gustave Mahler a sa propre vie de compositeur, lui assistera de toute son énergie, s’offrant avec ferveur a sa vie de créateur... La rencontre , longue promenade, séance analytique ou Freud, rôle tenu par Serge Feuillard, dont jeu scénique et sensibilité nous servent un Freud vivant et incisif.

Freud tentera d’ élucider les troubles sensations dans lesquelles Mahler est plongé, cette errance c’est transformera en vrai dérive analytique, nous serons soumis a la cadence minutieuse de Freud, a ces invocations, la mère du musicien, sa femme, présences clef « coupables » peut être de sa dépression. Le rythme des personnages est organisé par Pierre-Henri Salfati comme une formule mathématique en sourdine,dynamique intellectuel composé d’une certaine mélancolie qui accompagnera le périple de création de la 5eme Symphonie, les grandes espaces, les montagnes, la mer, les amours d’Alma avec Gropius... Ainsi que le savant et osé échafaudage des questionnements inattendus que Freud proposera à Mahler qui bouleversé au début, doutant de tout, de sa musique, de son amour pour Alma, finira par fuir, ironique, prenant conscience enfin que ses conflits douloureux sont et sera la source secrète de son aspiration et de son art.

Réalisateur : Pierre-Henry Salfati, Scénario : Pierre-Henry Salfati, Photographie : Sébastien Saadoun, Son : Roland Winkler, Jacques Sans, Montage : Benjamin Yvert, Fanny Piquet, Assistant Réalisateur : Carole Reinhard, Société de Production : Arte France, 13 Productions, Acteur : Eric Frey, Marianne Anska, Serge Feuillard - Année : 2009

L’exalté
dimanche 15 avril
Récit poétique de Stéphane Bourel. Poésie, déambulation, un poète actuel à découvrir d’urgence.
Sur le Web
Les amis d’Arthur Rimbaud
Le site de l’association des amis d’Arthur Rimbaud.
Poète.com : Arthur Rimbaud

Les oeuvres poétiques d’Arthur Rimbaud, le poète des Illuminations, de Voyelles, d’une Saison en enfer, du Bateau ivre, de La Lettre du Voyant, né à Charleville, a connu Verlaine.

Un très beau site sur de beaux poètes, entre autre Rimbaud.

Arthur Rimbaud : biographie et poésie
La vie, les photos, les lettres et la poésie d’Arthur Rimbaud. Sa relation avec Paul Verlaine. Charleville-Mézières, sa ville natale, et Roche. Oeuvres autour du poète et forum. Site bilingue français-anglais.
Barbara Fournier pour la Revue du HEP Vaud // La Haute école pédagogique du canton de Vaud
samedi 14 septembre 2013
par Administrateur- tiphaine

Une littérature pour sauver ce qui reste d’humain en nous

Avec « L’engagement littéraire à l’ère néolibérale », publié aux Presses Universitaires du Septentrion, Sonya Florey signe un essai passionnant qui peut se lire comme un roman. Elle y analyse en profondeur une littérature en train de se faire, très loin de la production de divertissement, sous les lumières crues du réel aliéné de l’homo laborans. Peut-on encore parler d’une littérature engagée ? Oui, mais autrement

José est un chômeur réinséré. Il a été engagé pour faire le chien à Eurodisney. Les consommateurs, petits et grands, se pressent autour de Pluto pour le tripoter, lui tirer la queue et parfois le pincer jusqu’au sang. José n’a pas le droit de dire un seul mot, mais signe 600 autographes par jour avec trois doigts et lutte pour ne pas s’évanouir devant ses fans, sous l’insupportable touffeur du déguisement. « Que José perde connaissance, c’est pourtant l’effet d’illusion recherché, mais par d’autres moyens. Maintenant que les camps de travail sont ouverts au public, les comédiens domestiques doivent suer sous leur seconde peau et se taire jusqu’à faire disparaître en eux la trace obscène du labeur. L’attraction moderne a sa loi : si tu veux abolir le prolétariat, donne-le en spectacle. » Le travail, un thème au cœur de la littérature

Ce bref extrait des « Petites natures mortes au travail » d’Yves Pagès, publié en 2007, donne la couleur d’une littérature contemporaine qui fleurit, telle une fougère vigoureuse et solitaire, à l’ombre de la postmodernité et du néolibéralisme. Professeure formatrice à la HEP Vaud en didactique du français, Sonya Florey nourrit une passion pour cette littérature française d’aujourd’hui qui est le plus souvent ignorée par le monde académique. « Ce qui m’a frappée d’emblée en plongeant dans un grand nombre des romans dont nous sommes les contemporains, c’est la place centrale qu’y occupe le travail. J’ai donc focalisé ma recherche sur une quarantaine de fictions et sur la nature de l’engagement de leurs auteurs. »

Ecrire pour ceux qui ont été privés de parole Des intrigues qui se nouent au cœur de l’entreprise ou de l’usine ne sont évidemment pas une caractéristique propre au tournant du nouveau millénaire. Elles ont pour ascendantes directes les œuvres de la littérature prolétarienne, mais s’en distancient par leur finalité. Alors que les auteurs prolétariens de la première moitié du XXe siècle considèrent l’écriture comme un moyen de lutte et la littérature comme un combat, cette volonté de combattre, voire même de juger, est absente des préoccupations des écrivains actuels. Le Belge Didier Daeninckx, cité par Sonya Florey, écrit, en 1997 : « Je ne me considère pas comme un écrivain engagé. Remuer les gens, donner des directives, c’est totalement hors de mon propos. (...) Je me débats avec ce qui m’est arrivé, ce qui est arrivé aux miens et à tout un tas de gens qui ont été privés de parole ».

La faillite du politique et la fin de l’utopie Les enfants de Sartre, figure tutélaire de la littérature engagée, sont orphelins d’une utopie. Ce constat découle d’une évidence : notre ère néolibérale sacralise le « présentisme » et le triomphe du marché, considéré, depuis l’après-guerre et, plus encore, depuis la chute de l’URSS, comme la seule voie de salut capable d’offrir à l’homme postmoderne les clés de son accomplissement. Dès lors, si nous avons atteint en quelque sorte le meilleur des mondes possibles ou plutôt son simulacre, de quoi pourrait encore se nourrir l’utopie ?

« La faillite du politique face à la pression toujours plus forte de l’économie et de la finance est aujourd’hui consommée, réalité qui tranche avec le monde d’essence fondamentalement politique qu’a connu Sartre. De plus, l’auteur des Mains sales évoquait un univers ouvrier qu’il ne connaissait pas et qu’il pouvait donc idéaliser à souhait, il évoluait dans un temps où la noblesse du livre ne s’était pas encore éteinte, où l’aura des intellectuels n’avait pas encore pâli », explique Sonya Florey. « Mais ce n’est pas tout. Du sens de la collectivité, on a évolué aujourd’hui vers un sens de la subjectivité qui ébranle la morale au point de l’évider de ce qui en fait le cœur : l’humain. Comme le souligne le sociologue polonais, Zygmunt Bauman, désormais « l’Autre est une source de sensations, pas de responsabilité. »

Ecrivains et témoins solitaires Dans ce contexte, la notion d’engagement exige d’être redéfinie, ce que fait Sonya Florey avec beaucoup de limpidité et de pertinence, à la lumière des récits de ces écrivains qui empoignent le tragique éclaté du réel en assumant le fait qu’ils ne le changeront pas. Issus le plus souvent du monde de l’usine ou de l’entreprise, ces auteurs sont des témoins solitaires. Ils montrent sans désir de démontrer. « Cette nouvelle littérature est très critique par ce qu’elle raconte, mais aussi par le fait qu’elle n’esquisse aucune voie de secours, pas le moindre recours à un autre monde possible. Toute transcendance est évacuée au profit d’une figuration du réel centrée sur l’aliénation de l’ouvrier et de l’employé, mais aussi de ceux qui les dirigent. » « L’un des traits les plus significatifs de cette littérature concerne les personnages, poursuit Sonya Florey, des personnages qui, du bas au haut de l’échelle, semblent gouvernés sans distinction par un système implacable, articulé tout entier sur les mécanismes du profit. Loin d’une lutte des classes, on en revient néanmoins à Marx, dans sa critique du capitalisme, stigmatisant l’aliénation du travail qui dépossède l’individu de lui-même ».

Le discours comme contre-pouvoir Mais nos écrivains, on l’a dit, ne rêvent pas de faire la révolution. Pour eux, l’urgence est ailleurs. Face à une idéologie néolibérale qui a évacué de facto et avec aisance la dimension humaine, réduisant l’homme à une force de production, à un objet, les écrivains se recentrent sur l’individu, un individu pris au piège, mais auquel l’écriture redonne son statut initial de sujet. Sauver ce qu’il y a d’humain en nous, c’est ce que peut faire aujourd’hui la littérature, lieu d’élaboration d’un discours qui s’affirme, seul et à lui seul, comme un contre-pouvoir.

L’actualité ne donne hélas pas tort à la littérature qui a souvent une longueur d’avance. Dix ans avant la vague de suicides qui frappe France Telecom - une cinquantaine de salariés mettront fin à leurs jours entre 2008 et 2010 -, Thierry Beinstingel publie « Central », un roman qui parle de la déshumanisation à l’oeuvre dans cette grande entreprise. Retour à la réalité : au début des années 2000, les employés sont priés, dans le cadre d’une enquête interne, de se définir par une série de verbes à l’infinitif... Cette disparition du « je » montre jusqu’à quel point le sujet est subversif dans un système où tout, objets et sujets confondus, s’instrumentalise. Suite au 23e suicide survenu dans la seule année 2010, le nouveau PDG de France Telecom ne déclare-t-il pas au Figaro : « Il faut renforcer les nouveaux outils de surveillance du personnel fragilisé » ? Des lecteurs face au vide moral

« L’engagement, dit Sonya Florey, est désormais une sorte de forme résiduelle. En proposant un renversement de l’humain-objet en humain-sujet, les auteurs révèlent, dans toute sa violence, ce que produit réellement l’idéologie dominante ». Au sein d’un espace globalisé, où progressivement à peu près tout s’homogénéise, la littérature organise le soulèvement de la parole singulière. En ne posant aucun jugement sur la déroute dont ils témoignent, les écrivains en éclairent le vide moral et y abandonnent leurs lecteurs. Pour s’en convaincre, retour sur les dernières lignes d’une autre Petite nature morte d’Yves Pagès : « A sa sortie d’hôpital, Pierre s’aperçut qu’on l’avait déjà remplacé par un apprenti. On ne le trouvait pas assez fiable. Pour les tâches musculaires, le convalescent aurait sans doute eu autant d’abattage qu’avant, mais selon le restaurateur, « il n’avait plus les tripes de se défoncer aux fourneaux, ni le cœur à l’ouvrage, ni la tête à ça... » C’était un cas de licenciement anatomique ; désormais il lui manquait quelques organes pour accomplir sa fonction. Pierre se sentait comme un poulet vidé en sa carcasse, bref, « démotivé en profondeur » conclut l’ancien patron sur le formulaire d’inspection du travail. »

Mais en laissant ce vide moral béant, les « écrivains langagés », comme se définissait lui-même Prévert, ouvrent à ceux qui les lisent un espace d’interrogation critique, une plage blanche de liberté et donc de résistance à réinvestir. Un engagement qui, en somme, n’engage à rien sinon à s’engager... Au terme de son ouvrage, Sonya Florey cite l’écrivain François Bon, que Kafka - si présent en filigrane de ce début du XXIe siècle - ne désavouerait pas : « Il n’y a plus d’utopie, il y a encore une responsabilité, elle est de langue, d’art et de vertige ».