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Dernière mise à jour :
lundi 20 avril 2020
   
Brèves
Toc Toc Toc 15 version électronique est en ligne...
dimanche 3 février
L’édition électronique de la revue Toc Toc Toc 15 est en ligne, son thème est le rire. Bonne lecture.
Toc Toc Toc 16 est paru
vendredi 25 janvier
Le numero 16 de la revue Toc Toc Toc vient de sortir. Lire la suite.
Toc Toc Toc 15 : Le Rire ... pas si simple ....
lundi 5 novembre
Nous voila en plein dans le numéro 15 de notre revue toc toc toc. Pour le dossier du rire une classifications par ordre chronologique, s’imposé, mais quand nous sommes tombes sur la phrase de NIETZSCHE « citation...je ferait une classif des philosophes par le rire...... Donc avec cette référence en tete nous nous sommes lancés dans le RIRE.Parmi les auteurs qui ont donné mauvaise réputation au rire, et ceux qui sont centré leurs recherche philosophique autour du RIRE... et a partir de là : presque simple, sinon que les penseurs choisit sont parfois en contradiction avec leurs idées déjà très complexes, et chacun voulant être le premier a avoir découvert le contenu du rire, presque tous sous influence des anciens philosophes comme Aristote, doctrines et concepts, se chevauchent, lui-même influencé par Cicéron...il a trois livres : de l’Oratore, de L’ELOQUENCE et la Rhétorique, il existent aussi des citations, des proverbes, des lettres « apocryphes », (Hypocrates à Démocrite selon les uns , des bouts des traités, des pièces de théâtre , Aristophane génial défenseurs de la libre pensée... Un chaos, innombrable dans lequel nous nous sommes débattus, entre Démocrite, philosophe dont le rire était avant l’heure presque thérapeutique, les traités des médecins assez nombreux, Joubert, etc.. Nous qui nous sommes pas ni philosophes, ni des penseurs, et avec pour tout bagage l’enthousiasme et la curiosité, pour le Thème sacré du RIRE, arborant un discours « plus qu’impure », selon Vuarnet.. bref, des « irresponsables » Notre seul secours a été en premier lieu Descartes ,lui scientifique et savant, faisant table rase de tout, analyse, et nous fait sentir et ressentir avec son mécanicisme le sensible dans le rire : l’admiration. Dans « Les passions de l’âme » Hobbes prendra, empreintant aux anciens et a Descartes (qu’il traduira),admiration, haine, mépris, et « gloire soudaine » empreint a Quintilien, se voulant l’unique détenteur de touts les sentiments contenu dans le RIRE, Baudelaire et son RIRE satanique, le critique sévèrement,et soutien que : ses idées sont les idées de Quintilien et de Cicéron. Et puis il y a Bergson les uns aiment les autres le traitent de « barbant méticuleux ». Enfin Rabelais dans son Gargantua...nous fait rire le divin philistin, visionneur,messager pédagogique. Le fil de Nietzsche nous conduit vers les deux versants de cette expression appelé RIRE , les rhétoriques, convaincus de leurs propre sérieux et influencés par Aristote, « le rire est le propre de l’homme », mais quel est le contenu du RIRE, ? jugement sur les faiblesses humaines, mépris, orgueil, vanité ?. Non Il y a d’autres noms qui forcerons et clarifierons le RIRE ...comme plaisir, désir, bonheur...l’autre vie, la vie légère de Spinoza, a Voltaire, Deleuze, Ionesco, Arrabal, Perec, Queneau, etc.
Toc Toc Toc 15 est paru
jeudi 25 octobre
Toc Toc Toc 15 est paru, son thème est le rire. Le sommaire est en ligne.
Toc Toc Toc 15 en cours...
mercredi 10 octobre
Le numéro 15 de la revue Toc Toc Toc va paraitre, son thème Le Rire, un thème difficile mais au combien passionnant. Sortie prévue le 15 Octobre.
Scuptures Land Art- sur TOC TOC TOC N°14
Brigitte Sillard
Des Offrandes du corps de la nature
lundi 10 septembre 2007
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Photographie : Brigitte Sillard

Une Bretonne née face à l’Océan. Souvenirs de vagues frappant les fenêtres, des spectacles de grandes marées, lorsque des tourbillons emmêlent ensemble les nuages, la mer et le sable. Son goût du rêve devant la nature deviendra une soif de l’ailleurs. Elle va connaître l’Afrique Noire, se perdre dans la forêt vierge du Gabon, éprouver la griffure de ses ronces. Brigitte Sillard a acquis un regard d’ethnologue chez ces peuples en contact avec la nature. Sous la conduite du musée de l’Homme, elle étudie les gravures préhistoriques du Sahara et commence sa quête des traces laissées par d’autres hommes. Du Cameroun à l’Indonésie, de la Malaisie au Mexique des aborigènes Lacandon, partout, elle vit une plongée dans la nature, et parmi les peuples les plus primitifs, mène une quête d’authentique, cherche le souvenir de vécus lointains.

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Photographie : Brigitte Sillard

Le goût de la nature

Rentrée à Paris, elle s’évade de son travail par la peinture, fréquente l’atelier Jean-Marc Lange, rencontre sa femme, Jacqueline Deyme, sculpteur. Sa base devient une vraie maison avec un vrai jardin à Boulogne. Créer est pour elle une nécessité. Créer ce qu’elle sent du bout des doigts. Elle sculpte le plâtre, et cherche à approcher la vérité d’un personnage en en groupant plusieurs silhouettes, en déclinant le mouvement comme une métamorphose, ainsi dans Les Femmes narquoises, 1985 : « Une chose ne peut être isolée elle doit vivre », dit-elle. Avec de la pâte à papier, du bois, du bronze, elle explore les matériaux, étudiant le,s plissés pour y retrouver les mouvements des failles de la terre ou des écorces des forêts. La découverte des mégalithes bretons la replace devant la force des signes préhistoriques.

Elle inédite sur le symbole universel du Cairn, une élévation aussi présente en Bretagne que dans les déserts du Tibet, signe d’un point de passage, d’un désir de survie, signe humain. Cette réflexion lui fait abandonner le figuratif. Elle a soif d’ampleur, et va créer, en ciment ou en pâte à papier, des mégalithes-person nages de près de trois mètres de haut. Ces formes sont regroupées pour créer une interpellation entre elles, comme si une fusion était nécessaire pour les faire vivre. La notion de fusion s’impose avec la révélation du tumulus de Gavrinis, dans le Golfe du Morbihan, en 1992. Vieux de plus de 3500 ans, il est entièrement construit de monolithes gravés d’arceaux, de courbes, de spirales. Fascinée, cette lutteuse obtient l’autorisation d’y travailler entre deux visites publiques à la lueur d’une torche, elle grave les signes entrevus dans une pâte à l’huile, dans une série de peintures qui veut capter ces marques d’énergie.

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La fascination du verre

Pour exprimer cette vie, elle Conjugue peinture et sculpture, regroupe Ses oeuvres, exploite toute une variété de matériaux. Mais rien ne lui semble suffisant pour dire cet état non statique. C’est alors que Brigitte Sillard découvre le verre. Lui seul peut répondre à son attente, avec sa transparence, sa lumière, sa variation selon les heures.

En 1992, elle commence à l’étudier sous toutes ses formes à froid) avec collage de plaques retravaillées à chaud, avec le verre soufflé ; avec le fusing, cette façon de fondre plusieurs morceaux de couleurs différentes avec le thermo-formage, lorsqu’une plaque de verre mise sur un moule en prend la forme ; avec la pâte de verre cou lée dans un mou ; avec le casting, ce verre en fusion versé sur du sable. Elle va privilégier cette technique, travaillant avec la récupération de verre optique de Coming. Dans ces années 92-93, elle travaille chez un verrier de La Roche-Guyon, qui cueille du verre, le verse sur le sable de fonderie sur lequel Brigitte Sillard a fixé une empreinte inspirée des signes étudiés.

Les pièces obtenues atteignent 30 à 40 cm de haut, mais Brigitte Sillard rêve de plus grand. En 1994-95, elle commence à travailler chez un verrier de Rouen, et met au point avec lui l’utilisation d’un four à bascule. Le modèle de terre,cuite messager des signes souhaités, laisse son empreinte dans le sable, où Brigitte Sillard jette des oxydes. Le verre n’est plus cueilli, mais versé directement sur le sable. Totalement impliquée dans l’action, l’artiste jette d’autres oxydes pendant la coulée, dirige le sens du feu avec une palette, tente de conduire le verre en fusion où elle veut, jetant de nouveaux oxydes. A 1.250°, ce combat de Titans se fait dans l’urgence : le verre refroidit très vite. Désormais les pièces peuvent dépasser un mètre de haut

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Photographie : Brigitte Sillard

Symboles en verre

Le souvenir de Gavrinis d’abord omniprésent, se personnalise bientôt avec des sillons plus creusés, puis se mêle à d’autres signes. L’oeuvre de Brigitte Sillard devient une synthèse du monde et des différentes cultures. Symbole du vol des oiseaux pour L’Oiseau et l’enfant, à la crèche des Glycines, à Boulogne, en 1994. Symboles d’un Chemin de Croix, pour le salon d’Art sacré de Chartres en 1995, où la transparence inscrite - est positive, quand l’ombre, née de la matière est négative et au fur et à mesure du drame, envahit la lumière. La spirale va devenir d essentielle « ce type de ligne sans fin qui retient nécessairement les deux extrémités du devenir, représente les rythmes répétés de la vie, le caractère cyclique de d l’évolution, la permanence de l’être sous la fugacité du mouvement », écrit l’artiste. Ce sera le thème choisi pour le regard des élèves, au collège Pasteur de Gennevilliers, en 1998. La Spirale de Symboles, dessinée par un ensemble de dalles en pâte de q verre, est marquée de signes de b] vie divers avec des emprunts à la P’ Vallée des Merveilles.

Découverte, aussi, que la puissance des statues-menhirs préhistoriques, symbole d’un schéma m humain massif. En 1996, à Vianne, dans le Lot et Garonne, sa une région riche de ces sculptures, l’artiste évoque leur forme dans des pièces soufflées sur des briques réfractaires, sortes de borne-signal aux parois lisses. De là, Brigitte Sillard passe à l’idée de porte, de passage, et reprendra ce symbole au Japon, dans une verrerie de l’île de Nidjima, où l’intrépide est parvenue à travailler en 1998. Comme toujours, pour être dans l’esprit du lieu, l’artiste utilise ce qu’elle trouve sur place. Sur une pierre de lave ramassée sur la plage, elle grave une succession de torii, ces por- tiques sacrés qui marquent l’entrée des temples. Parfois, les symboles se conjuguent en Ukraine, au symposium de Lviv, en 1998, les signes de Gavrinis se mêlent aux symboles des portes- passages, et la cassure d’une pièce en cours de cuisson, est exploitée pour dire l’état miséreux de ce très beau pays.

Interventions dans la nature

Dans son désir d’embrasser l’univers, dans sa soif de communiquer avec les autres, Brigitte Sillard en arrive au Land Art. Elle trace ses symboles dans la nature d’où ils émanent. Comme un retour aux origines. Symboles de présence humaine que Jean et Jeanne 1994, deux oeuvres de schiste près de l’étang de Carhaix. Présence de L’Echo du clocher 1997 quatre clochers monumentaux, plantés dans l’alignement de celui de Lahaymeix, dans la Meuse, sont coiffés de spirale sonores réalisées avec le métal des cartouches retrouvées dans ce pays de chasseurs. Symbole de passage humain qu’une arche de pierres érodées, dressée dans le désert de l’Akakous, en Lybie, en 1998. Parfois, le signe est suivi dans l’évolution que lui impose la nature. A Valloire, en 1997, Brigitte Sillard suivra, cinq jours durant, la mutation de signes Passages, taillés dans des blocs de glace. En Bretagne, au terme d’une pérégrination depuis la forêt de Brocéliande, elle atteint le Marais de Bats, y trace un cercle, découvre le noir de la terre sous le dépôt ocre rouge et craquelé du sel. La perfection d’imbrication des cristaux observés la pousse à construire dans l’argile d’un étier Esprit de Sel, 1997 sur plus de 20 mètres, une spirale inscrite selon le nombre d’or deux mois plus tard, le signe sera cou vert de sel, un an plus tard, de salicornes. Dans le verre, dans la terre, Brigitte Sillard dit l’évolution d’un monde où rien n’est figé. Son aventure des signes. née pour rejoindre le plus profond de l’aventure humaine, est un plain-chant sur l’éternité des forces de vie.

Marielle Ernould-Gandouet

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