« Voyage dans le temps ». Impromptu rotatoire avec Lévy-Leblond"

La scène se passe devant un grand drap peint par le T.S. Enrico Baj, représentant le Père Ubu.
Arrabal - Je suis très fier de vous remettre l’inappréciable titre d’ A. Emphytéote.
Le millier de personnes qui remplissent l’auditorium de la Cité des sciences applaudissent (L)² avec enthousiasme.
A.- Parce que, à mon humble avis, vous êtes le plus grand théoricien de la physique quantique, votre titre est plus que mérité. Thieri Foulc.- Selon les Statuts du Collège de ‘Pataphysique Sa Magnificence confère ce titre à des personnalités qui, volontairement ou involontairement, honorent la ‘Pataphysique
A.- Grâce a vos lumières comme à celles de Kurt Gödel, je sais que le monde est rotatoire. Et que nous pourrons un jour voyager dans le temps.
Lévy-Leblond.- En effet, ce n’est qu’une question d’argent.
A.- Grâce à vous j’ai pu écrire le roman “La torre herida por el rayo” (”La tour prends garde », Grasset, « The Tower Struck by lightning » , Penguin Books...) Maria de França, Yann Moix, Claude Gudin, Azerthiope son aussi, entre autres, dans cet auditorium de la Cité.
A.- L’Espagne m’a attribué son prix Goncourt (le Nadal), puis le livre a reçu le prix international du roman Nabokov.
TF (Représentant Hypostatique de Sa Magnificence).- D’une manière générale, particulière et ascétique, le Collège ne décerne pas de “prix” : on peut même dire qu’il regarde droit dans le mufle ces jurys qui se décernent entre eux toutes sortes de trophées...
A.- A l’époque pour vous remercier, je vous ai écrit.
LL.- Vraiment ?
A.- A Nice. C’est dans cette ville que se trouve votre université ?
LL.- Oui.
Arrabal.- Je vous ai envoyé trois lettres.
LL.- Ne nous inquiétons pas. Lors d’un prochain voyage dans le temps j’aurai le plaisir de récupérer vos trois messages...
Rideau. ”
"In situ"en la Galería Daniel Maman, ubicada en la Avenida Libertador 2476 de la capital , en Buenos Aires ,fui a ver "Las metáforas de un hombre contemporáneo" instalación espacial ,de arboles construidos, armados cargados des simbólicos objetos realizados en múltiples materias brutas, como, cuerdas, lazos, tejidos y tramas ,clavos que erizan la superficie de los troncos que contienen una energía de desplazamiento apenas retenida, esta ilusión de marcha nos empuja a una de ambulación realista por las callejuelas de una aldea africana, la instalación de estas esculturas en el espacio luminoso de la elegante Galería Maman, nos hace soñar en el momento, pero luego de una observación mas meticulosa, los arboles que marchan se vuelven presencias mudas de una aparición desoladora....esta sensación se confirma con la visión de los cuadros de fuego, inmolados contra los muros blancos del espacio.... Esos arboles, tejidos, tramados, clavados , nos precipitan hacia el universo de nuestra actual martirizada naturaleza....Las metáforas del artista plastico Rablachi, nos inducen hacia una grave reflexión sobre el estado de nuestro planeta. Clique sobre esta [http://www.danielmaman.com/exhibiciones-galeria-maman_img.php ?id=8
Tiphaine Stepffer
EXPRESSION D’ ARTISTES
Gérald Thupinier : Constat à l’amiable
Tout le monde voit bien qu’ Oliviero Toscani bat par K.-O. Jeff Koons et Damien Hirst. Tout le monde constate que la publicité et le marketing tirent parti des inventions de l’art du vingtième siècle pour faire de la bonne publicité et du marketing efficace. L’inverse n’est pas vrai, l’art s’annule en quittant son terrain. Cette situation s’est aggravée à partir des années quatre-vingt. Mais dès les années soixante l’art se donnait pour programme la transgression de la notion d’œuvre. Cet héritage duchampien constitue le cœur du monde de l’art officiel et cimente son consensus. L’œuvre culbutée par un urinoir passera du statut de question métaphysique à celui de certitude idéologique, autrement dit du moderne au contemporain. Entreprise de décervelage historiquement liée à l’hégémonie américaine. Les États-Unis sont la civilisation de l’espace. Le temps les gêne, le temps c’est de l’argent et rien d’autre, sinon c’est une perte de temps. Il fallait donc se débarrasser de la temporalité de l’art :... suite Rubrique Expression d’artiste
Des centaines d’heures de cours « écouter un philosophe penser la conception même du cinéma est radicalement nouveau »
« Baruch enseigne la philosophie. Son visage est pénétré de lumière et de sereine clarté....pag.44 « j’aime Baruch parce qu’ on est mardi matin »
Chez Flammarion
Claire Pernet et Richard Pinhas ont choisit 6 heures pour exprimer le travail de Gilles Deleuze
click sur « agenda » la suite
LE SYSTÈME VIRIL
Si la pensée féminine a toujours été occultée, par contre la pensée virile sous toutes ses formes est imprimée dans les apparences du monde. Elle est inscrite dans les choses, dans les formes, dans l’art, dans la pensée, dans les différents systèmes sociaux, avec l’inlassable persistance qui caractérise les enfants sûrs d’être approuvés par leur mère. Et la première fonction exigée de la femme, n’est-elle pas celle-ci : approuver ? Pas d’assassin, pas de bourreau concentrationnaire, pas de monarque dégénéré qui n’ait trouvé d’épouse, le plus souvent dévouée, et aucun tribunal n’a jamais posé cette question : Pourquoi n’avez-vous pas quitté cet homme ? Lorsque la femme pénètre enfin - et toujours de biais ¬ dans ce mystérieux monde viril dont elle a été si longtemps exclue, siège de tant d’aventures merveilleuses contées dans les livres et les films, entouré par l’aura d’une culture si longtemps défendue, elle est frappée par le fait que l’abstraction y domine sous deux espèces : le système et la hiérarchie. Que la pensée de l’homme reflète l’ordre de structures qui lui sont extérieures, cela est possible, mais, au malaise qu’elle éprouve à les contempler, la femme sait bien que celles-ci lui sont parfaitement étrangères. TI est remarquable par exemple que le premier sens du mot système, défini par le dictionnaire Robert, soit celui-ci : « Ensemble organisé d’éléments intellectuels. » C’est seule¬ment le deuxième sens qui donnera : « Ensemble possédant une structure ou constituant un tout organique. > La première acception est mentale et abstraite, c’est seule¬ment la deuxième qui vise la réalité objective, telle qu’elle se comporte en dehors de la vision de l’homme. L’homme se préfère à ce qui l’entoure au point de faire passer ses catégories mentales avant celles de la réalité objective. On ne manquera pas cependant d’objecter que si les struc¬tures de la matière sont homologues à celles de l’esprit, le mal n’est pas grand : placer l’un avant l’autre revient à une simple question de préséance. Mais cette préséance, cette manière de se placer avant est précisément ce qui caractérise - non pas seulement la pensée humaniste chrétienne - mais bien la pensée virile tout entière. De cet acte premier découle une vision du monde, celle qui précisément distingue l’homme de la femme. La femme, en effet, toujours obligée de tenir compte d’autrui, et aussi d’une réalité matérielle à quoi elle échappe moins facilement que l’homme, ne peut que penser un cosmos dont elle n’est pas le centre. Ceci est la cause de bien des échecs, lorsque, sans prépa¬ration autre que technique ou scientifique, elle pénètre dans le monde des hommes. Tout l’étonne : la prolifération des systèmes, économiques, politiques, juridiques, intellectuels, dont chacun se croit déterminant et d’où seule la vie est exclue au profit d’un modèle qui élimine ce qui ne lui est pas conforme. Dans ce grouillement s’agitent des hommes dont on se demande le plus souvent pourquoi ils occupent une place plutôt qu’une autre, sinon qu’ils y ont été propulsés par cette puissance pathologique semblable à l’homme car, sourde à toute raison, elle ne s’occupe que d’elle-même : la société. Dans ce monde où chacun s’avance invisiblement masqué, la femme s’imagine qu’enfin elle va pouvoir retirer son voile, mais qu’elle prenne bien garde : ici, elle va perdre ses der¬nières illusions. Ce mystère viril qui l’intriguait tellement et sur lequel on lui a tant appris à rêver, auquel on l’a élevée à complaire, n’est autre que, déguisé jusqu’ici par le désir ou le confor¬misme familial, l’incapacité absolue d’aimer autre chose que soi ou que ses possessions (les femmes et les enfants en faisant occasionnellement partie). Le travail le plus désintéressé en apparence n’est qu’un empire qui se crée avec un nouveau maître, et pour construire ses nouvelles pyramides, chacun cherche ses esclaves. Les femmes seront donc souvent les bienvenues. On rira tout bas de leur acharnement à poursuivre un but qui ne leur rapporte rien, à réussir encore à aimer ceux qui les exploitent et surtout à croire en l’immense armure sociale qui a le privilège de donner une apparence utile et vertueuse aux calculs les plus éhontés. Si la femme reste elle-même, continue à penser en termes d’harmonie et non de lutte, de don et non d’échange, elle se fera impitoyablement écraser. .Si elle adopte les valeurs viriles en cours, la sécheresse et l’impérialisme, elle réussira au prix de sa propre destruc¬tion et elle ne manquera pas d’éveiller l’ironie. Ce qu’elle gagnera sur le plan social, elle le perdra sur le plan privé. Laisser les femmes participer à la société n’est rien si cela consiste à les spolier de ce qui les rend différentes (...)
III

Les Editions Tiphaine, qui sommes nous.
Maison d’édition, nous éditons la revue Toc Toc Toc, revue résolument artistique et éclectique, vous trouverez sur notre site de nombreux articles, la version papier complète de notre revue est disponible par abonnement.
Si la réalisation de la numéro 20 nous devienne impossible nous la mettrons en ligne dans 15 jours "Vous vous demandez où est passée la revue TOC TOC TOC, et nous voilà revenus de notre exploration plus que complexe ...Nous étions à Buenos Aires. Nous y sommes restés 3 mois pour faire des interviews d’artistes, plasticiens, écrivains argentins actuels...et vous faire la surprise d’une belle découverte qui devrait aboutir à la construction du numéro 20 de la revue, dernier de l’année 2008. Mais pour mettre à profit toutes ces belles choses nous devons traduire les textes de nos articles, cette opération va prendre du temps, mais c’est déjà en marche. Nous avons décidé de faire paraître sans attendre le numéro 21 de TOCTOCTOC , puisque nos collaborateurs se sont mis en route pour de bon. Nous avons certains problèmes d’ordre financier, mais nous ne voulons pas augmenter le prix de 38 euros, prix que nous pratiquons depuis ses début. Il y a déjà 6 ans. Si vous tenez à votre revue TOCTOCTOC pour l’année 2009 nous vous demandons de coopérer par un effort de votre part mais l’abonnement restera inchangé."
Les Editions Tiphaine c’est un peu tous ça, un objectif la création artistique et sa promotion.

MICHEL HADDAD
par HUBERT HADDAD
C’est le langage qui est schizophrène. qui crée le paradoxe là où il ose signifier du "réel’_ Michel H.
Du haut de la pyramide du Temps, un instant, un unique instant de foudre blanche vous contemple. L’art est la découverte d’une identité toujours vive où les siècles se rassemblent et se brisent dans l’épreuve de leur pérennité. L’ultime secret des temps humains échappe à l’histoire et aux hommes qui pour s’en consoler bâtissent des empires, inventent des raisons, prolongent indéfiniment le vieux rêve de maîtrise entre deux festins sanglants, deux sommeils agités et deux sacres d’idoles ; et les générations disparaissent comme les vagues sur la grève éclairée par toutes les pierres aiguës du ciel.
MICHEL CASSE
LEVEE D’ASTRES DANS LE CIEL DE LA CONNAISSANCE
Je veux, par la démonstration, vous convaincre du pouvoir extrême des concepteurs d’équations, des forgerons de formules, ceci à des fins purement démocratiques, car, si en raison de l’abêtissement collectif, l’analphabétisme équationnel s’étend, le pouvoir sera confiné dans les seules mains de ceux qui savent lire et s’exprimer dans le langage de la nature et non de l’artifice, à savoir la physique écrite en symboles mathématiques.
Les Éditions Tiphaine présentent la revue Toc - Toc - Toc.
Cette revue se veut pluri-disciplinaire : Littérature, Science, Arts-Plastiques , Photographie, Poésie, Théâtre, Musique.
Cette revue est réalisée par des ARTISTES-PHILOSOPHES poètes, penseurs, sociologues, philosophes, écrivains, peintres etc...
Notre volonté d’écrire, de créer cette revue, est née d’une colère, d’un malaise, d’une envie de retrouver nos aspirations, nos forces vives, en tant qu’être conscient, en réponse à la course désolante de la planète qui tourne vers son néant et sa possible destruction. Nous voulons par l’écriture, la réflexion, propres à chaqu’un, ouvrir des perspectives et reveiller les capacités de l’imaginaire, de l’effort, et du bonheur.
Directeur de rédaction : Stepffer Tiphaine
Rédacteurs : Germinal Rebull, Philippe Pujas, Michel Espag
Graphisme : Jean Luc Bohin, Thierry Fanchon
Direction artistique : Thierry Geffray
Administration et promotion : Philippe Pujas
Conseillère et correctrice : Janine Chauvet
Amis collaborateurs Jean François Duffau (scuplteur), Rodolphe Stadler (galeriste), Jean Jacques Beylac (écrivain), Karl Bergot (architecte d’intérieur), Martial Jalabert (architecte), Barbara Fournier (revue Polyrama), Michel Cassé (astrophysicien), Denys Condé (conservateur), Hubert Haddad (écrivain), Fernando Arrabal (à ne pas présenter... panique...)
(liste non exhaustive...).

((Les Rois de France de Tiphaine Texte de Hubert Haddad))
L’art est un miroir d’absolu qui ne reflète, par bribes et par ruptures vitales, que le fond des temps infigurable. A travers les failles de l’actuel, les angles morts de la représentation et autres déplacements de la réalité, l’Histoire pourrait s’abymer dans l’histoire de la peinture comme une manière de modèle arbitraire et envahissant, en concurrence avec les états naturels. Le songe de l’artiste pareillement traverse les mythes et les remodèle ; des rêveurs efficaces bousculent en fin de compte les lisières du réel au nez et à la barbe des interprètes du quotidien. Hauts faits, désastres, foules variables et précipitations de la technologie impressionnent la toile par le biais saugrenu d’une subjectivité et selon une causalité d’un autre type. L’art interdit ainsi, par enjeu intrinsèque, toute fixité doctrinale. On ne sait rien du monde qu’une passion qui lui ressemble à travers maints replis singuliers. Mais un Jean Fouquet nous en apprend davantage sur Charles VII que la chronique du temps, c’est avant tout par l’effet de présence pictural : son roi de peinture inspiré de la statuaire gothique et du réalisme analytique des physiognomonies flamands, inaugure un art du portrait pensé dans son unité esthétique par une façon quasi abstraite d’envisager la composition. De Fouquet il Picasso, l’évolution de l’effigie en buste ou en pied passe par une lente défiguration faite de transgressions fascinés pour [’empreinte même du sacré, le visage, seul objet non chosifiable - sinon dans le masque ou le portrait captateur d’identité.
Un peintre comme Tiphaine inverse la proposition. Venue de l’informel, du "tachisme" qui n’est qu’un préalable exercice "vincesque" à quelque vision demeurée en suspens, elle restitue à l’espace mnésique certains repères en forme de visages ou d’emblèmes afin d’éclairer sa fougue abstraite d’une méditation rigoureuse sur la tradition et l’histoire, ces constituants sémiotiques et sentimentaux d’une rêverie obstinée constituée en culture.
Les rois de France forment certes la galerie de portraits par excellence. L’air de famille le plus contrasté témoigne de privilèges endogames coupés d’un métissage cosmopolite au fil des alliances régaliennes. Les monarques, ces grands métèques incestueux, reçurent des croisements un faciès de fauve ou de façonnier souffreteux ; le sang chez l’un bouillonne encore de la nuit barbare des chefs, ou se délaye chez l’autre après maints cousinages dans les veines d’altesses anémiques. Tiphaine se penche sur les enseignes sacrées du tourbillon générateur rompu jadis sur un pic avant de se perdre aux alcôves de la décadence. Les rois, pour l’artiste revenu de toutes les bâtardises de la modernité, évoquent assez les exaltantes séries picassiennes qui s’imposent dans une antériorité quasi mythologique, avec la Minotauramachie par exemple, ou les Ménines inspirées d’un génial peintre de cour. Cette manière ample, contrastée de traiter la surface picturale, avec un expressionnisme comme retourné sous la rigueur d’une composition en double ou triple étagement combiné où le carré et le losange découpent des éventails et des spirales orbiculaires, prend prétexte de la figuration, à la manière d’un Fautrier griffant d’un profil ses hautes pâtes pour légitimer l’inactuel, a des fins sciemment hyperboliques. Le motif suscite la manière abstraite et renvoie ici au fond exotique de l’imaginaire. Le peintre d’origine argentine, par rare droit de régale, revisite le vieux continent dans l’hybridation baroque de la mémoire mêlant sans doute aux évocations des dictateurs, grands caïmans voluptueux et seuls mythes propres à l’Amérique latine selon Garcia Marquez la figure hautement tribale et tout emblasonnée des monarques. Tiphaine rehausse ses physionomies à charge d’une symbolique de vitrail par inclusions envahissantes où la peinture trouve ses marques. Sait-on qu’au royaume des rois, la folie d’un père suffit à changer le monde ? Jeanne d’Arc et Agnès Sorel veillent secrètement sur Charles VII. Les souverains en lutte contre l’arbitraire nobiliaire, confortant les communes et les assemblées à l’origine de l’esprit républicain, forgeront bon gré mal gré les conditions de leur triomphe et donc de leur destitution dans l’ampliation faussement désincarnée du pouvoir absolu que deviendra l’État. Du fou sacramentel au Bel excommunié, des Croisés au saint Pestiféré, des Valois aux Bourbons, nous devinons maint règne tout armorié d’attributs et d’écussons. Tiphaine œuvre par surcharges totémiques ; on songe par rapprochement formel aux lyriques américains comme De Kooning pour cette réduction gestuelle des figures, à Rauschenberg pour l’aspect "combine paintings" relevant de la simultanéité chère à l’iconographie médiévale, au Pollock des reliquaires indiens, ou encore aux Accumulation du précurseur de Cobra, le Danois Egill Jacobsen. Chez Tiphaine, la spontanéité s’intériorise en une quête rêveusement archéologique mixant les techniques. Mais le peintre n’ajoute rien, il transforme. Tiphaine creuse l’image avec ses brosses vers l’idéale concavité où signes et couleurs s’équilibrent par une sorte d’intime violence happant le regard à l’intérieur de ]a toile, dans cette disparition inexplicable que la forme institue. Même si elle sait s’en recréer, la peinture ne partage guère son secret avec l’arbitraire humain - époques, modèles ou simple vis-à-vis objectal. Elle surprend sur un plan des qualités de temps que l’œil à fleur d’abîme ne cesse d’effacer sur fond de permanence papillonnante. Toute la psyché, cette boîte noire de l’univers, anticipe le crash insondable des signes. Tiphaine peint ainsi sous diverses faces l’abyssal portrait d’une subjectivité Elite d’une conjonction illimitée d’impressions et de synthèses où se cristallise une esthétique picturale, cette gestuelle qui interprète, invoque et projette les durées passées ou présentes pour incarner soudain, comme la tranchée d’un cou, le vif au plus vif Et c’est le temps visité de l’an. Le blafard et le fuligineux tirés d’un orage maçonnent des bleus de sacre et des jaunes régicides. Ces couleurs et ces épais tracés qui s’affrontent sous un hérissement de crête ou de hure seigneuriale attendent l’éloignement de l’analyse pour restituer, après la lecture - palimpseste, l’organicité de la composition, ultime instance de l’œil qui voudrait comprendre et qui enfin voit, ni lampe ni loupe, mais seul médium de la main, peignant hors sujet la folie souveraine du bout d’une marotte ou d’un sceptre.
Tiphaine aurait pu aussi bien peindre une suggestion de pères ou d’amants, l’oubli des fleurs, quelque autoportrait défenestré. Il s’agissait seulement pour elle de fausser l’abstraction et d’ induire une violence des signes, un regard âprement incarné, par delà l’abandon impersonnel d’un Wols, dans le péril de la fIgure. Peut-être faut-il chaque fois sacrifier le bel artisan pour retrouver la sainte maladresse. L’art est une mise en danger aux allures d’idylle. Tiphaine confie ses rois au drame exultant de la peinture.
Hubert Haddad
